Les transactions de paiement mobile au Maroc sont passées de 9,7 millions en 2023 à 19,7 millions en 2025.
La valeur des opérations de paiement mobile a atteint près de 3,9 milliards de dirhams marocains en 2025.
Le premier livre blanc fintech du Maroc a identifié une soixantaine d’entreprises fintech en activité.
Les transactions de paiement mobile au Maroc ont plus que doublé entre 2023 et 2025, atteignant près de 3,9 milliards de dirhams marocains (420 millions de dollars), alors que les autorités continuent de mettre en œuvre le plan de transformation numérique du pays.
S’exprimant lors du Visa Fintech Day 2026 à Rabat, Amal El Farah Segrushni a indiqué que le nombre de transactions de paiement mobile est passé de 9,7 millions en 2023 à 19,7 millions en 2025. Le volume total des transactions pour la même période s’élève à 3,9 milliards de dirhams marocains.
Ces chiffres ont été annoncés alors que le Maroc fait avancer sa stratégie Maroc numérique 2030, qui vise à étendre les services publics numériques, à renforcer l’entrepreneuriat technologique et à accroître l’utilisation des outils numériques dans l’ensemble de l’économie.
Les autorités ont également lancé des initiatives visant à soutenir les entreprises de technologie financière. En janvier 2025, les banques et institutions financières marocaines ont lancé le Centre FinTech marocain, qui fournit des services d’incubation, de mentorat et d’orientation réglementaire aux startups.
Lors d’un événement à Rabat, le Centre Fintech Marocain et Visa ont lancé le premier livre blanc sur la fintech au Maroc, identifiant une soixantaine d’entreprises fintech opérant dans le pays. Selon le rapport, les services de paiement et les solutions financières centrées sur les entreprises représentent la plus grande part de l’activité fintech.
Le rapport note que le secteur fintech marocain en est encore à ses premiers stades de développement, avec un nombre limité de grandes startups et une activité d’investissement relativement modeste par rapport aux marchés fintech africains plus matures.
Les résultats s’appuient sur une enquête sur le paysage fintech marocain précédemment menée par Al Maghrib Bank et des partenaires de développement, qui a identifié l’accès au financement, la coordination des écosystèmes et l’infrastructure financière ouverte comme des domaines clés nécessitant un développement ultérieur.
Les efforts du Maroc en matière de finance numérique s’inscrivent dans un effort plus large visant à moderniser les services publics et à soutenir une activité économique axée sur la technologie. En parallèle du Maroc Numérique 2030, les autorités mettent en œuvre la feuille de route AI Made in Morocco, qui vise à renforcer les capacités nationales en matière d’intelligence artificielle et de technologies émergentes.
Les participants du secteur cités dans le livre blanc citent les contraintes liées à la réglementation, au financement, à la technologie et aux talents comme facteurs affectant le rythme de l’expansion des technologies financières. Le rapport note également que, bien que le Maroc bénéficie d’une forte pénétration de la téléphonie mobile, d’un soutien institutionnel et d’une importante population jeune, de nombreuses entreprises de technologie financière restent concentrées dans les premiers stades de leur croissance.
Le marché mondial de la fintech est actuellement évalué à plus de 340 milliards de dollars et pourrait dépasser 1 000 milliards de dollars d’ici 2030, selon les chiffres cités par Segrushni lors de l’événement. Les statistiques gouvernementales présentées lors de la conférence montrent également que plus de 75 % des consommateurs dans le monde utilisent actuellement au moins un service financier numérique.
Écrit par Cynthia Ebot Takan

