Dans le cadre des célébrations plus larges du Jubilé de l’Espérance de l’Église catholique, l’Année Jubilaire de l’Éducation s’est tenue à Rome les 31 octobre et 2 novembre, avec la participation active du Pape Léon XIV.
Les chrétiens croient que leur foi (leur relation avec Dieu) devrait influencer tous les domaines de leur vie. Puisque Dieu nous a créés et que Dieu est notre destin, tout ce que nous faisons devrait nous rapprocher de Lui. L’un des domaines importants sur lesquels les êtres humains, et par extension les croyants, doivent réfléchir est l’éducation.
Il n’y a peut-être pas de plus grande influence que l’éducation. Il façonne les générations futures et offre une vision du monde que les enfants suivront une fois adultes. Leur vision du monde influence la façon dont ils vivent leur vie, leurs choix de carrière et la façon dont ils traitent leur famille. L’éducation ne consiste donc pas seulement à préparer les individus au marché du travail. Cela nous prépare à la vie en général.
C’est pour cette raison que l’Église catholique s’est toujours prononcée en faveur de l’éducation. En octobre 1965, le pape Paul VI publiait une déclaration sur l’éducation chrétienne intitulée Gravissimum Educationis (L’importance de l’éducation). Ce document soulignait la nécessité de protéger le droit humain à l’éducation et donnait un aperçu de la manière dont l’éducation devrait être menée dans un monde en évolution.
Pour commémorer le 60e anniversaire de la publication de ce texte, Léon a récemment publié son épître apostolique sur l’éducation intitulée « Cartographier un nouvel espoir ». « Nous vivons dans un environnement éducatif complexe, fragmenté et numérique », a déclaré le Pape au début de sa lettre. C’est pourquoi nous devons réfléchir à la finalité de l’éducation et à la manière de la renforcer.
Le pape a écrit cette lettre par souci de protéger la dignité des jeunes, car « des changements rapides et profonds exposent les enfants, les adolescents et les jeunes à des vulnérabilités sans précédent ». En raison de ces changements, il ne suffit pas simplement de préserver l’éducation, dit-il, il faut la « redémarrer ». Leo implore les éducateurs de créer des saisons d’apprentissage qui parlent au cœur de la prochaine génération, « refaçonnant les connaissances et le sens, la compétence et la responsabilité, la foi et la vie ».
Pour parvenir à un « nouveau départ » dans l’éducation à une époque de progrès technologique et de changement social, Leo recommande « trois priorités » qui devraient guider l’éducation. Premièrement, le Pape a souligné que le moi intérieur de la personne éduquée est le plus important. « Les jeunes recherchent de la profondeur. Ils ont besoin de silence, de discernement, d’espace de conscience et de dialogue avec Dieu », a-t-il poursuivi.
Cette focalisation sur la vie intérieure est ce qui distingue l’éducation chrétienne de l’éducation laïque. Les humains ne sont pas des robots. Ils ont de la profondeur et nous devons leur donner l’espace pour l’explorer et la nourrir. Sans une telle éducation cosmique, nous risquons de devenir un processus mécanique uniquement axé sur l’excellence académique plutôt que sur l’épanouissement humain : esprit, corps et âme.
La deuxième priorité concerne ce qu’il appelle « l’humain numérique ». Leo implore les éducateurs de « faire passer les humains avant les algorithmes et d’utiliser judicieusement la technologie et l’IA pour enseigner ».
L’intelligence artificielle est devenue une priorité majeure pour le pape. Il considère l’essor de la technologie comme l’origine d’une nouvelle ère technologique qui, sans garde-fous appropriés, risque de déplacer les humains et de menacer l’intégralité de la dignité humaine. Afin de protéger la dignité humaine, l’IA doit être utilisée de manière appropriée et dans la mesure appropriée. C’est un outil. Bien qu’il s’agisse d’un outil puissant pour faciliter le développement de la vie intellectuelle humaine, il ne doit pas implicitement remplacer la pensée et les processus intellectuels de l’élève. Parce que nous ne sommes pas égaux à nos capacités. Notre identité vient de notre dignité.
La troisième et dernière priorité concerne le besoin de paix. Il appelle cela « une paix démilitarisée et désarmée ». Il vise à construire le dialogue et la réconciliation. Le Pape estime que ces qualités devraient être la manière dont les écoles apprennent. Cela signifie que la recherche de la vérité doit emprunter des chemins qui provoquent des conversations plus profondes sur l’objet d’étude. Sans ce dialogue, l’éducation risque de devenir une voie à sens unique, une entreprise de compétition combative pour déterminer qui a le pouvoir de communiquer ses convictions, plutôt qu’un processus de découverte objective de la vérité.
Toutes ces priorités, et la lettre du Pape dans son ensemble, invitent à une réflexion plus approfondie sur la manière dont l’éducation devrait évoluer dans le monde moderne. En fin de compte, pour les chrétiens, elle doit servir à enrichir l’être humain en tant qu’humain, créé à l’image de Dieu, qui est vérité et amour même. Sans un tel point de départ, les générations futures ne s’intéresseront pas à ce qui est bon et vrai. De telles tentatives se sont révélées dangereuses au cours de l’histoire.
Puisse cette nouvelle ère de l’éducation être celle de la redécouverte de la vérité et du bien, afin que l’humanité et le monde dans son ensemble puissent se recentrer davantage sur Dieu, sa source et son seul espoir.
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