PARIS – Le Parlement français a adopté le 29 juin un projet de loi visant à freiner l’essor de la fast fashion, ciblant les grandes plateformes de commerce électronique asiatiques telles que Shein et Temu.
Le projet de loi, présenté pour la première fois il y a deux ans et demi, vise à réglementer les entreprises dites de « mode ultra-rapide », connues pour vendre en gros des vêtements de mauvaise qualité à des prix défiant toute concurrence.
Les articles de fast fashion, faciles à commander et à échanger, contribuent à la pollution de l’industrie textile, qui représente près de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
sénat Le projet de loi a été adopté le 29 juin. Après le Parlement de la semaine dernière.
Il imposerait des frais par article sur les tissus produits en vrac, augmentant avec le temps, et interdirait la publicité des marques de mode ultra-rapide, y compris sur les influenceurs des réseaux sociaux.
Les législateurs veulent freiner les entreprises asiatiques de commerce électronique dont la popularité a explosé en France ces dernières années.
Le ministre du Commerce, Serge Papin, a déclaré la semaine dernière que le projet de loi cible les grandes entreprises, dont trois qui, selon lui, sont à l’origine de l’essor de la mode ultra-rapide.
« Leurs noms, inconnus il y a trois ans, sont désormais connus de tous en France : Tem, Shayne et Aliexpress », avait-il alors déclaré.
Cependant, certains critiques ont critiqué le projet de loi, le jugeant épargnant les entreprises européennes et françaises telles que Zara et Chiavi, et certains députés de gauche des deux chambres se sont abstenus lors du vote.
Le député Vert Charles Fournier a déclaré la semaine dernière que le projet de loi initial avait été « considérablement réduit » et a estimé que des marques telles que Zara et H&M « ne sont pas des modèles de mode durable ».
La coalition Stop Fast Fashion a également critiqué le projet, affirmant qu’il s’agissait d’une version « considérablement édulcorée » de ce qui avait été proposé initialement.
Soupçon d’interdiction de publicité
La députée de centre droit Anne-Cécile Violand, qui a proposé le projet de loi, a déclaré qu’elle avait besoin d’un projet de loi qui puisse être adopté « très rapidement et être opérationnalisé ».
« Nous sommes très durs avec M. Shayne. C’est la première étape », a-t-elle déclaré à l’AFP, ajoutant qu’elle comprenait la déception.
Cette loi cible la mode ultra-rapide en fonction de deux critères : la quantité de vêtements mis sur le marché et le coût de réparation du vêtement par rapport à son prix d’achat.
Le prix par article varie selon certains critères en fonction du score de chaque marque sur ces deux critères.
La taxe pourrait atteindre jusqu’à 20 euros (29 dollars singapouriens) par produit d’ici 2030, mais le plafond restera à 50 % du prix hors taxe du produit.
Une partie de ces amendes sera versée aux infrastructures de collecte et de recyclage.
La loi impose également aux entreprises de mode ultra-rapide d’afficher sur leurs sites Internet des messages promouvant une consommation plus raisonnée, comme la réutilisation et la réparation des vêtements.
L’interdiction de la publicité, y compris celle des influenceurs, est un pilier central du projet de loi, mais des questions demeurent quant à la manière dont elle sera appliquée.
La Commission européenne s’est demandé si les dispositions du projet de loi en matière de publicité étaient conformes au droit de l’UE.
Violand a déclaré que le gouvernement français maintient qu’il repose sur des principes similaires à ceux qui sous-tendent la réglementation sur la publicité pour l’alcool et le tabac.
Mais il a ajouté que la France ne serait pas en mesure d’appliquer cette mesure si la Commission européenne n’était pas d’accord. AFP

