Le pape demande aux autorités camerounaises d’examiner la « conscience »
Le pape Léon Après avoir été accueilli par des foules en liesse bordant les rues, le pape d’origine américaine a prononcé son premier discours sur un ton rare et franc devant des responsables, notamment le président Paul Biya, 93 ans, qui dirige ce pays d’Afrique centrale avec une emprise ferme depuis 1982. « La sécurité est primordiale, mais elle doit toujours être exercée dans le respect des droits de l’homme », a déclaré le pape en présence de Biya. Trimestre d’octobre. « Même lorsque l’insécurité semble généralisée, les institutions publiques sont appelées à servir de ponts, jamais de sources de division », a-t-il ajouté. Mardi, plusieurs groupes de la société civile ont dénoncé une « période de répression sans précédent » depuis l’élection présidentielle. Ils ont également demandé la libération des prisonniers politiques détenus sans fondement légal. Sur les quelque 2 782 prisonniers enregistrés auprès du groupe, 2 630 n’ont pas encore été condamnés, a indiqué à l’AFP Hervé Nzuabe Kweto de l’ONG Source de vie, signataire du communiqué. « Le moment est venu d’examiner notre conscience et d’avancer avec audace », a déclaré le Pape dans son discours. « Pour que la paix et la justice prévalent, la chaîne de la corruption doit être brisée », a-t-il ajouté. En réponse, Biya a déclaré aux responsables et diplomates réunis à Yaoundé, la capitale, que « le monde a besoin du message de paix » apporté par Léon. La tournée du pape dans quatre pays africains a commencé après que le pontife d’origine américaine a appelé à la paix au Moyen-Orient, le président américain Donald Trump affirmant qu’il n’était « pas un grand fan » de Leo. – « Paix sociale » – Le Cameroun, dirigé par Biya, est depuis longtemps en proie à des malversations généralisées et se classe au 142e rang sur 182 pays selon l’indice de corruption 2025 de Transparency International. Le dirigeant de 93 ans a multiplié ses voyages à l’étranger ces dernières années, notamment pour des soins médicaux et des séjours dans des hôtels de luxe à Genève, que l’opposition accuse de gaspiller d’énormes sommes d’argent des contribuables. En 2018, l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), une coalition internationale de journalistes d’investigation, a estimé que son séjour personnel à l’étranger était de 4,5 ans sur 35 ans et lui avait coûté 65 millions de dollars. Elle a souligné le rôle des « organisations de femmes et de jeunesse, des syndicats, des ONG humanitaires, des chefs traditionnels et religieux » dans « le tissage du tissu de la paix sociale ». Il doit se rendre jeudi sous haute sécurité pour appeler à la fin du conflit séparatiste dans le nord-ouest anglophone du Cameroun. cmk/sbk/kjm

