La Banque centrale du Nigeria (CBN) a exprimé son inquiétude face à l’expansion rapide du secteur fintech du pays, avertissant qu’une faible surveillance réglementaire pourrait menacer la stabilité financière et exposer les consommateurs à des risques importants.
Dans un rapport récemment publié intitulé « Façonner l’avenir des technologies financières au Nigeria : innovation, inclusion et intégrité », la banque faîtière reconnaît le statut du Nigeria comme l’un des centres de technologie financière à la croissance la plus rapide d’Afrique, mais prévient que le rythme de l’innovation dépasse les garanties réglementaires.
Selon la CBN, les sociétés de technologie financière jouent actuellement un rôle clé dans l’écosystème des paiements du Nigeria, traitant des milliards de naira dans les transactions quotidiennes et fournissant des services financiers à des millions de citoyens auparavant non ou sous-bancarisés. Toutefois, les lacunes en matière de gouvernance, de protection des données, de mécanismes de recours des consommateurs et de gestion des risques constituent des préoccupations réglementaires majeures.
Le rapport note que si les plateformes de prêt numérique, les prestataires de services de paiement et les opérateurs de portefeuilles améliorent l’accès au crédit et l’inclusion financière, ils sont également associés à une augmentation des plaintes des consommateurs.
Il s’agit notamment d’allégations de prêts abusifs, de prix opaques, de violations de la confidentialité des données et de pratiques agressives de recouvrement de créances.
La CBN a averti que les échecs dans le secteur des technologies financières pourraient provoquer des ondes de choc dans l’ensemble du système financier, d’autant plus que les banques et les sociétés de technologies financières deviennent de plus en plus interconnectées grâce à des partenariats, des infrastructures partagées et des voies de paiement.
Tout en réaffirmant son soutien à l’innovation, la banque a souligné qu’une réglementation efficace doit équilibrer la croissance, la protection des consommateurs et la résilience du système. Il a averti que l’innovation sans garanties appropriées pourrait créer de nouvelles vulnérabilités plutôt qu’une prospérité durable.
Les régulateurs ont présenté des mesures potentielles, notamment des exigences d’autorisation plus strictes, une surveillance basée sur les risques, des seuils de capital plus élevés et des règles plus strictes en matière de cybersécurité, de lutte contre le blanchiment d’argent et de protection des consommateurs.
Il a également souligné la nécessité de renforcer la coordination entre les régulateurs pour éviter la fragmentation du contrôle et l’arbitrage réglementaire.
Le rapport révèle également que 62,5 % des sociétés de technologie financière interrogées opèrent ou envisagent de se développer sur d’autres marchés africains, et nombre d’entre elles soutiennent un cadre de passeport réglementaire permettant l’approbation de licences transfrontalières.
Le CBN a conclu que l’avenir de la fintech au Nigeria dépend non seulement de l’innovation, mais également d’une réglementation fiable, d’institutions solides et de mécanismes de responsabilisation qui protègent les consommateurs tout en permettant à la finance numérique responsable de prospérer.
