Anthropic a présenté mardi Claude Science, un atelier d’IA qui offre aux scientifiques un environnement pour effectuer des recherches informatiques, leur évitant ainsi d’avoir à rebondir entre les bases de données, les pipelines et les outils.
Pour être clair, Anthropic affirme que Claude Science n’est « pas un nouveau modèle d’IA ni un modèle plus performant pour la biologie. Il exécute les mêmes modèles Claude déjà disponibles pour tout le monde aujourd’hui (y compris Claude Opus 4.8), sans accès spécial ni contrôle. »
L’atelier s’appuie sur le lancement par Anthropic en octobre 2025 de Claude pour les sciences de la vie, qui a essentiellement amélioré le chatbot Claude en le rendant meilleur dans les tâches liées aux sciences de la vie. Claude Science est un endroit dédié pour faire ce travail.
Le lancement, annoncé mardi lors d’un briefing sur AI for Science, s’inscrit dans la volonté plus large d’Anthropic d’être plus qu’un fournisseur de modèles et de s’approprier davantage la couche d’exploitation pour des industries spécifiques, de la même manière que Claude Code est devenu la couche d’exploitation pour le développement de logiciels. Anthropic parie de plus en plus sa croissance sur des produits verticaux au niveau du flux de travail plutôt que sur la simple capacité de modèle brut (qui pourrait façonner sa concurrence et ses prix par rapport à ses concurrents).
Voici comment cela fonctionne : un assistant principal en IA agit comme une sorte de chef de projet pour les scientifiques. Il se connecte à plus de 60 bases de données scientifiques et est livré avec des boîtes à outils prédéfinies pour des domaines spécifiques, comme la génomique, la structure des protéines et la chimie. Cet assistant peut ensuite créer des sous-assistants pour aider à répartir le travail, comme un chef de projet déléguant des tâches à des spécialistes, ou confier le travail à un assistant « expert » personnalisé que l’utilisateur a créé pour sa propre recherche. Une IA distincte de vérification des faits revérifie ensuite les citations et les calculs avant que quoi que ce soit ne soit publié.
Cette étape de vérification des faits est importante, car davantage d’écritures assistées par l’IA conduisent à des citations fabriquées et à des statistiques invérifiables qui se glissent dans les articles. Cela dit, il s’agit toujours du même modèle sous-jacent qui se vérifie lui-même, et non d’une source indépendante de vérité.
Claude Science dispose d’autres moyens d’assurer la reproductibilité, explique Anthropic. Par exemple, l’atelier peut générer des figures telles que des structures protéiques 3D et des tiroirs chimiques aux côtés du code qui les a créés. Chaque figure comprend « le code et l’environnement exacts qui l’ont produit, une description en langage simple de la façon dont il a été créé et l’historique complet des messages », selon l’entreprise. Le processus fait également gagner du temps aux scientifiques en leur permettant de modifier les chiffres en langage clair, invitant l’agent à modifier son propre code sous-jacent.

Claude Science peut également faire gagner du temps aux scientifiques en s’appuyant sur la propre configuration de l’infrastructure du laboratoire plutôt qu’en envoyant les données aux serveurs d’Anthropic.
Les premiers utilisateurs disent qu’ils mettent déjà cela en œuvre. Jérôme Lecoq, neuroscientifique à l’Institut Allen, a utilisé cet outil pour créer un pipeline d’examen informatique multi-agents. Le groupe de Stephen Francis du Brain Tumor Center de l’UCSF s’est appuyé sur Claude Science pour accélérer l’analyse germinale complète du gliome en un temps record, avec des résultats validés de manière indépendante.
Le lancement de Claude Science intervient quelques mois après qu’OpenAI ait abordé le même problème sous un angle différent. En avril, OpenAI a publié GPT-Rosalind, un modèle spécialisé affiné pour le raisonnement biologique.
La différence entre les deux approches ne réside pas seulement dans la nécessité d’un modèle spécialisé, mais également dans la question de savoir qui y a accès et à quelle vitesse. Rosalind a été lancée en tant qu’aperçu de recherche limité aux entreprises clientes qualifiées aux États-Unis, clôturé par un examen de qualification et de sécurité. Des partenaires comme Amgen, Allen Institute, Moderna, Thermo Fisher et Novo Nordisk ont obtenu un accès anticipé.
Et puis il y a Google DeepMind, qui joue à un jeu complètement différent. DeepMind possède en fait des modèles scientifiques fondamentaux comme AlphaFold et AlphaGenome, que les deux autres ne peuvent utiliser que comme outils. Sa plateforme Gemini for Science regroupe également plus de 30 bases de données sur les sciences de la vie en un seul ensemble de compétences.
L’effet net est que trois stratégies de distribution très différentes sont désormais en compétition pour le même marché de la recherche scientifique : Anthropic s’étend avec un large accès par abonnement, OpenAI devient étroit et réservé aux entreprises, et Google s’appuie sur des modèles propriétaires que personne d’autre n’a. La façon dont cela se déroule pourrait être un premier signal sur la façon dont les fournisseurs d’IA rivalisent dans d’autres secteurs verticaux spécialisés comme le droit, la finance et l’ingénierie, à terme.
Claude Science est disponible en version bêta pour toute personne disposant d’un abonnement Pro, Max, Team et Enterprise. Anthropic a également cité Novo Nordisk et Allen Institute comme études de cas clients, suggérant que les organisations pharmaceutiques travaillent déjà avec plusieurs fournisseurs d’IA.
Anthropic soutiendra également jusqu’à 50 projets Claude Science, offrant jusqu’à 30 000 $ de crédits : « Nous recherchons des projets postdoctoraux et diplômés qui couvrent les domaines et explorent les frontières de la science, en mettant l’accent très tôt sur les domaines de la recherche biomédicale. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 juillet 2026 et les notifications d’attribution sont envoyées avant le 31 juillet. Les projets se dérouleront du 1er septembre au 1er décembre 2026. »
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