Analyse : Le Moyen-Orient pourrait emprunter une nouvelle voie ou revenir à ses anciennes habitudes – c’est un grand jour
Dominic Waghorn, rédacteur en chef des affaires internationales
Les prochains jours détermineront si le Moyen-Orient suit une nouvelle voie ou retourne à ses mauvaises habitudes.
Il semble presque certain que les otages israéliens sont sur le chemin du retour. Un Hamas très affaibli ne peut pas se permettre de s’aliéner le président américain. Il existe également une pression importante de la part du monde arabe pour que cela devienne une réalité.
Ce seront des jours importants pour les Israéliens. Le sort des otages touche tout le pays.
Et pour les habitants de Gaza, 75 % de leurs maisons ont disparu et il n’y a aucune chance de retour à la normale. Mais maintenant, ils tentent de reconstruire leur vie.
Les fournitures humanitaires peuvent ensuite retourner à Gaza, ce qui est essentiel pour nourrir la population et lui donner un endroit où se ressourcer, ne serait-ce que temporairement.
Pourtant, tout cela pourrait être simple.
Car la suite des choses est extrêmement importante et n’a pas encore été décidée. En réalité, aucun accord ni plan n’a encore été signé et certaines questions urgentes doivent être résolues immédiatement.
Vidéo : Le cessez-le-feu à Gaza pourrait-il apporter une plus grande paix ?
La question la plus urgente est de savoir qui assurera la sécurité des deux millions de Gazaouis. Des pays, de la France à l’Indonésie, se sont portés volontaires pour envoyer des troupes, mais rien n’indique qu’une force de cohésion se formera.
Sans eux, le chaos et le sectarisme pourraient rapidement prospérer dans les conditions désolées et infernales de Gaza.
Cela signifie que de nouvelles façons de gérer Gaza constituent également une priorité urgente.
L’accord propose de donner des pouvoirs de surveillance aux présidents américains, notamment à Tony Blair, qui reste détesté par beaucoup en raison de son implication dans la guerre en Irak. Le Hamas insiste sur le fait que les étrangers ne peuvent pas contrôler la vie des Palestiniens.
Le Hamas a accepté de se retirer du gouvernement de Gaza, mais peut continuer à exister en tant qu’organisation.
Les parties prenantes de toute la région et au-delà se réuniront en Égypte au début de la semaine prochaine pour envisager une nouvelle façon de gouverner Gaza.
La crainte est que le Hamas se rallie en coulisses, se regroupe, se concentre sur des projets sociaux et civils et finisse par redevenir une force dominante.
Israël ne le tolérera pas et la région reviendra à la case départ.
Donald Trump a sillonné Israël lundi, s’attribuant le mérite de son succès diplomatique. Mais il ne sert à rien de planter les graines d’un retour aux habitudes du passé d’ici le 7 octobre.
Assurer un avenir différent exigera que le président américain, ses alliés et ses partenaires de la région continuent d’exercer une pression importante sur Israël et le Hamas et fassent preuve de créativité.
La manière dont ils décideront que Gaza doit rester sûre et gouvernée déterminera son avenir, et peut-être celui de la région dans les années à venir.

