(30 avril) : L’économie française n’a pas réussi à croître au premier trimestre, démontrant sa vulnérabilité à la menace de stagflation née de la guerre en Iran.
Le produit intérieur brut (PIB) est resté inchangé par rapport aux trois derniers mois de 2025, tiré vers le bas par la faiblesse du commerce et de la demande intérieure, a indiqué l’agence des statistiques Incy. Cela fait suite à une expansion de 0,2 % au trimestre précédent et était inférieur à l’estimation médiane de 0,2 % parmi les analystes interrogés par Bloomberg.
Les statistiques de jeudi ont commencé une matinée mouvementée avec les annonces des principales économies de la zone euro, culminant avec la zone euro elle-même composée de 21 pays affichant une croissance régulière de 0,2 %. Suite à ce chiffre, l’euro a maintenu ses pertes initiales, s’échangeant en baisse de 0,1% à 1,1661 USD.
Mais le rapport ne couvre que le premier mois depuis le début des combats au Moyen-Orient et ne reflète pas toute l’ampleur du ralentissement économique qui s’installe en Europe, alors que la flambée des coûts de l’énergie se répercute sur l’économie, freinant l’activité et poussant l’inflation à son plus haut niveau depuis 2022.
La Banque centrale européenne devrait maintenir ses taux d’intérêt à 2 % plus tard dans la journée, les marchés s’attendant à une hausse des taux en juin et à deux autres d’ici la fin de l’année, tout en ajustant sa réponse à l’impact économique du conflit.

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Un certain resserrement pourrait être nécessaire car les enquêtes montrent que les attentes en matière de prix parmi les entreprises et les ménages augmentent fortement. L’inflation de la zone euro, publiée conjointement avec le PIB, devrait s’accélérer à 3 %, contre 2,6 % en mars.
Une forte hausse des prix risque de provoquer une nouvelle contraction de la production. La France et l’Italie ont déjà réduit leurs prévisions de croissance, et l’Allemagne a réduit de moitié sa prévision pour 2026, à 0,5 %. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a averti que les dégâts se poursuivraient pendant des années.
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Jusqu’à présent, les statistiques françaises ont révélé que l’économie est déjà contrainte par une baisse de 0,1% de la consommation personnelle et une baisse de 0,7% de l’investissement des ménages au premier trimestre. Les investissements en capital ont également diminué de 0,2% en raison de la stagnation à fin 2025.
Le commerce net a eu une contribution négative de 0,7% au PIB, les exportations ayant diminué de 3,8%. L’accumulation de stocks compense cette traînée de 0,8 %.
Par ailleurs, les dépenses de consommation ont augmenté de 0,7% en mars, après une baisse de 1,4% en février, les analystes s’attendant à un rebond légèrement plus fort de 0,8%.
Parallèlement, le gouvernement français a prévenu que la guerre en Iran coûterait au pays jusqu’à 6 milliards d’euros (7 milliards de dollars) cette année, un impact qui, selon lui, serait compensé par un gel des dépenses.
Téléchargé par Riza Shireen Kosh

