Le pape Léon termine sa visite en Afrique par une messe en plein air en Guinée équatoriale
Le pape Léon XIV a célébré jeudi une messe en plein air devant des dizaines de milliers de fidèles en Guinée équatoriale, clôturant son premier grand voyage international qui avait débuté par de sévères critiques à l’égard de la position du président américain Donald Trump à l’égard de l’Iran. Le chef des 1,4 milliard de catholiques du monde se rend depuis mardi dans ce pays fermé d’Afrique centrale, où il a visé la suppression des libertés civiles et a appelé à un meilleur traitement des prisonniers dans un pays connu pour ses prisons brutales. Lors de son dernier jour dans cette ancienne colonie espagnole riche en pétrole de 2 millions d’habitants, il a célébré la messe devant 30 000 personnes dans un stade de Malabo, l’ancienne capitale. Il devait rentrer à Rome vers 20 heures (18 heures, heure du Japon). Au cours de son voyage, il devrait s’entretenir avec des journalistes présents à bord, et ses remarques en réponse à l’attaque de Trump sont attendues avec impatience. Dans de tristes commentaires au début d’une tournée de 11 jours dans quatre pays d’Afrique, le président Trump a qualifié le pape d’origine américaine de « très indulgent envers la criminalité et d’autres choses » et a déclaré qu’il avait « tort » d’appeler à la fin de la violence dans la guerre en Iran. Le pape a ensuite regretté que son discours ait été interprété comme une réponse aux critiques des dirigeants américains et a insisté sur le fait qu’il n’était pas intéressé par un débat avec le pape. – « Tyran » – Mais tout au long de son voyage, de l’Algérie au Cameroun, en passant par l’Angola et la Guinée équatoriale, il a défendu avec force la justice sociale, la paix et le respect de la dignité humaine, dénonçant les inégalités, la corruption et l’exploitation injuste des ressources naturelles par les « tyrans ». Son nouveau style, énergique, de condamnation de ceux qui « continuent d’exploiter et de piller le continent africain au nom du profit » constitue un changement marqué par rapport à la retenue dont il a fait preuve depuis son élection en mai dernier. Les dirigeants des quatre pays qu’il a visités ont tous été critiqués pour leurs tendances autoritaires à des degrés divers. La Guinée équatoriale est dirigée d’une main de fer par le président Teodoro Obiang Nguema depuis 1979 et fait depuis longtemps face à des allégations de violations des droits de l’homme ainsi que de piétinement des libertés civiles. Mais il a exhorté le pays à « servir le droit et la justice » et a dénoncé les « conditions sanitaires problématiques » des prisonniers. Mercredi, le pape s’est rendu dans la célèbre prison de Bata, en Guinée équatoriale, où il a été accueilli par des centaines de prisonniers au crâne rasé sous une pluie battante. Le pape Léon, de son vrai nom Robert Francisco Prevost, a 70 ans, relativement jeune pour un pape, et fait preuve d’une énergie qui contraste avec la santé déclinante de son prédécesseur argentin, Francisco, décédé il y a un an à 88 ans. Son prochain voyage à l’étranger aura lieu en Espagne du 6 au 12 juin. cmk-gge/phz/sbk

