L’économie chinoise reflète deux réalités. En apparence, de solides statistiques d’exportation et des excédents commerciaux record semblent indiquer une résilience. Mais les signes de danger se multiplient dans le pays, posant de nouveaux défis au président Xi Jinping alors qu’il se prépare à une réunion cruciale avec le président américain Donald Trump l’année prochaine.
Les exportations chinoises ont récemment bondi, avec un excédent commercial dépassant les 1 000 milliards de dollars, le plus élevé jamais enregistré. Les centres de fabrication continuent d’expédier des marchandises rapidement et aident le gouvernement chinois à rapprocher la croissance économique globale des objectifs officiels. Cette force extérieure a renforcé l’image de la Chine en tant que géant manufacturier mondial, alors même que les tensions géopolitiques et les différends commerciaux couvent.
Mais derrière ces gros chiffres, l’économie intérieure chinoise perd de son élan. Les dépenses de consommation restent faibles et les ventes au détail ont augmenté d’un peu plus de 1 % en novembre, soit la croissance la plus lente depuis près de deux ans. La production industrielle est en déclin, les investissements ralentissent et la confiance des entreprises reste fragile. Les économistes préviennent que ces tendances révèlent des problèmes structurels que les exportations ne peuvent à elles seules résoudre.
La crise immobilière actuelle en Chine est au cœur du ralentissement économique national. L’immobilier constitue depuis longtemps une part importante de la richesse des ménages, mais le ralentissement économique actuel a érodé la confiance des consommateurs et réduit leurs dépenses. La chute des prix de l’immobilier, le blocage des projets de construction et l’augmentation de la dette des promoteurs ont un impact majeur sur le moral économique.
Même le président Xi a publiquement critiqué ce qu’il qualifie d’investissements irresponsables, illustrant ainsi les inquiétudes des autorités face à des pratiques de croissance non durables. Le gouvernement chinois s’est engagé à plusieurs reprises à faire passer son économie d’une dépendance excessive aux exportations et aux dépenses d’infrastructure à un modèle axé sur la consommation intérieure.
Toutefois, cette transition reste lente et politiquement sensible. Les plans de relance économique à grande échelle risquent d’exacerber des niveaux d’endettement déjà élevés, tandis que des réformes structurelles plus approfondies, telles que le renforcement des filets de sécurité sociale pour stimuler les dépenses, restent difficiles à mettre en œuvre. Le ralentissement économique intérieur survient à un moment sensible pour la politique étrangère de la Chine.
Alors que Washington et Pékin abordent de nouvelles négociations sur les restrictions commerciales, douanières et technologiques, les difficultés économiques intérieures de la Chine pourraient affecter sa position de négociation. Le gouvernement chinois conserve une influence significative grâce aux chaînes d’approvisionnement mondiales et à l’accès à des ressources clés telles que les minéraux de terres rares, mais la faiblesse de l’économie nationale restreint les options politiques.
Les analystes affirment que la dépendance de la Chine à l’égard des exportations la rend vulnérable aux changements de la demande mondiale et aux éventuelles perturbations commerciales. Alors que les tensions avec les États-Unis ne sont toujours pas résolues, compter sur les marchés extérieurs pour compenser la faiblesse de la demande intérieure comporte des risques accrus. Il y a deux défis pour M. Xi. L’objectif est de restaurer la confiance des consommateurs et des investisseurs nationaux et de projeter force et stabilité à l’échelle internationale.
L’efficacité avec laquelle il gérera cet équilibre déterminera l’issue de sa rencontre avec le président Trump et pourrait également influencer l’orientation future de l’économie chinoise.
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